PC1: Assess-Impact

Le PC1 est nommé Assess-Impact: “Comprendre, mesurer, estimer et caractériser les impacts directs et indirects des systèmes et services numériques – Cycle de Vie et Effets systémiques”.

Alors que depuis une vingtaine d’année la recherche a amené des solutions technologiques de plus en plus économes individuellement en énergie pour le numérique (depuis les puces électroniques jusqu’aux couches logiciels en passant par les infrastructures de calcul, de données et de réseaux), force est de constater que le numérique consomme toujours plus de ressources, contribuant au dépassement des frontières planétaires. Dans le projet Assess-Impact, nous souhaitons interroger les raisons de ce constat et proposer des solutions méthodologiques et pratiques pour alimenter le débat public sur la sobriété numérique. Notre travail sera mené sur trois axes complémentaires.

Le premier axe s’intéressera aux méthodologies de l’analyse de cycle de vie (ACV), afin d’une part de revisiter et consolider son application aux services numériques, et de l’étendre à la prise en compte des aspects sociaux. Une limite actuelle des études d’ACV est qu’elles ne regardent qu’une partie du problème, à savoir les équipements TIC eux-mêmes, négligeant ainsi, en particulier, les effets liés à l’usage des services numériques associés. Par ailleurs, les études actuelles reposent sur des données incomplètes et des méthodologies d’estimation des impacts de fin de vie et d’attribution des impacts des équipements ou services mutualisés qui sont non adaptées à la prise de décision. Que dire d’un service numérique efficace, optimisé, dont une ACV attributionnelle classique montrerait des résultats avantageux tout en oubliant le contexte socio-technique dans lequel il se déploie ainsi que ses impacts sociaux en amont comme en aval de son existence ?

Le second axe s’intéressera ainsi naturellement aux effets systémiques induits par la numérisation, tant dans le secteur numérique lui-même que dans d’autres domaines d’activité. En nous appuyant sur une analyse critique des méthodologies utilisées dans les études existantes, et des controverses associées, nous nous intéresserons à développer des outils de quantification de scénarios de déploiement de solutions numériques. A destination des décideurs, des simulateurs permettront d’étudier de nombreux scénarios alternatifs et d’imaginer, sans contraintes techniques, économiques, sociales ou politiques, des pistes pour atteindre une plus grande sobriété pour le numérique, et d’en mesurer les conséquences de manière absolue. Le développement du numérique est par ailleurs connu pour entraîner des effets rebonds dont nous souhaitons approfondir nos connaissances sur ses mécanismes afin de mieux les anticiper.

Le troisième axe de travail posera les jalons pour identifier les potentialités et les freins liés à la sobriété numérique, pour comprendre ce qui permettrait d’accélérer une certaine prise de conscience de la nécessité d’action, tout en rendant l’action désirable et donc acceptable par les usagers du numérique. Nous souhaitons comprendre comment la convivialité du déploiement du numérique est atteignable. Trois cas d’études, sur les postes de travail, sur les services Cloud et HPC hébergés sur des infrastructures, et sur l’IA-générative, permettront d’approfondir nos connaissances sur ces potentialités socio-techniques et d’ancrer nos études dans le réel numérique.

Le projet regroupe des équipes des Sciences et Technologies et des équipes de Sciences Humaines et Sociales, pour accentuer les travaux pluridisciplinaires alliant informatique, électronique, sociologie, économie, management ou encore philosophie des sciences.

Porteurs: Gael Guennebaud (Inria, Bordeaux), Jean-Marc Pierson (Univ. Toulouse)